3 questions à Hélène Guillet, directrice générale des services de Vertou (44)

12 décembre 2018
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Hélène Guillet, directrice générale des services de Vertou (44) et secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat National des Directeurs Généraux des Collectivités Territoriales (SNDGCT)

Quelle place les femmes occupent-elles dans la fonction publique territoriale ?

Hélas, ce domaine n’échappe pas à certaines règles en vigueur dans beaucoup d’organisations. C’est un secteur très féminisé, mais uniquement sur les postes d’équipes de terrain et d’administration. Plus on monte en niveau de responsabilité, moins on trouve de femmes. Par ailleurs, plus les collectivités sont de taille importante, moins il y a de femmes.

C’est un vrai sujet auquel la fonction publique et le syndicat se sont attaqués depuis longtemps. Au sein de notre organisation, nous travaillons à instaurer la parité dans les instances exécutives départementales, régionales et nationales. Par exemple, nous avons refondu nos statuts l’année dernière en veillant à la féminisation des titres et à écrire de manière inclusive.

 

« Je me bats pour que les noms de postes soient féminisés »

 

Vous avez organisé mi-octobre un atelier sur l’égalité femmes/hommes dans le cadre du 78e Congrès du SNDGCT à la Cité des Congrès à Nantes. Dans quel but ?

Le salon professionnel Territorialis, organisé par le SNDGCT, s’adresse aux dirigeant·es d’organisations publiques et parapubliques mais est ouvert à toutes et tous. J’intervenais dans le cadre de cet atelier labellisé « Les Fameuses » parce que j’ai des fonctions dans l’exécutif national du SNDGCT et étais en charge cette année de la coordination locale de l’événement, en articulation avec le pilotage national.

Cet atelier visait à débattre de l’égalité et à sensibiliser sur ces questions tout en présentant des points de vie différents. L’idée est de montrer que ce sujet transcende la question publique et qu’il existe des problématiques similaires dans d’autres secteurs. Les leviers et les moyens doivent être adaptés, et chacun·e peut participer.

Sur plus de 400 inscrits au salon, on a recensé environ 160 femmes en situation de direction générale ou adjointe, ce qui n’est pas mal compte tenu de la proportion qu’elles représentent sur le plan national.

 

En tant que directrice générale des services de Vertou, comment œuvrez-vous à mettre en place l’égalité ? 

Je pense qu’il est important de commencer par repérer ses propres stéréotypes et de faire son propre état des lieux. Par exemple, j’ai été confrontée à des collègues en situation de responsabilité qui souhaitaient passer en temps partiel. Ma première réaction a été de dire que ce n’était pas compatible avec la fonction. En le disant, je me suis dit « et pourquoi ce ne serait pas compatible ? » C’est compliqué, mais il faut le faire sinon ça n’arrivera jamais.

Aussi, j’essaie d’agir sur deux niveaux, sectoriel et transversal. D’un côté, avec un plan d’action sur le fond qui passe par une réflexion sur le long terme et de l’autre, avec des marqueurs, qui sont symboliques mais forts. Ainsi, je me bats pour que les noms de postes soient féminisés, ce n’est pas facile mais je le maintiens contre vents et marées ! L’année dernière, j’ai inscrit tout mon comité de direction au Printemps des Fameuses et nous avons débriefé ensemble ensuite. Ce sont des petits pas mais ça fonctionne et ça produit des résultats.

S’engager peut aussi signifier commencer par refuser de servir le café quand on est la seule femme dans une assemblée. Favoriser l’engagement permettra à de jeunes femmes de se maintenir à des fonctions qu’elles auraient abandonnées ou n’auraient pas pu remplir de manière correcte.