« Les inégalités en santé tuent ». Ces cinq mots publiés sur leur compte Instagram1 résument en partie l’origine de la création de l’association « Pour une M.E.U.F. », en 2017. « M.E.U.F. » pour « Médecine engagée, unie et féministe ». L’association, qui rassemble près de 200 professionnel∙les partout en France, et dispose d’une antenne à Nantes, souhaite lutter contre le sexisme en santé et dans les soins en proposant des ateliers, des rencontres et des outils pour améliorer les expériences des patient∙es. 

Connaissez-vous le « ViolentHospit’Omètre » ? Co-réalisé avec cinq autres collectifs2, cet outil diffusé par l’association « Pour une M.E.U.F. » (PUM) est une adaptation du Violentomètre qui a pour but de « repérer les violences sexistes et sexuelles qui perdurent encore au sein des milieux hospitaliers ». Car à l’origine de la création de PUM, il y a des soignantes, qui se rapprochent sur le réseau social « X » (anciennement Twitter), et partagent le constat que leur domaine d’activité ne reflète pas leurs convictions féministes. Elles s’organisent notamment quand après la diffusion de récits de violences gynécologiques par des patient∙es, le Collège national des gynécologues obstétriciens de France « les considère comme diffamatoires et dénonce un acharnement à l’égard des professionnel·le·s qui empêcherait les femmes de consulter ». « En rejoignant cette asso, les soignantes que nous sommes essayons d’échanger sur nos pratiques, de nous former, de lier nos engagements et nos valeurs à nos professions », explique Maya3, porte-parole Nantaise de l’association, qui a adhéré à l’antenne locale il y a environ 3 ans.

Des outils, des ateliers, des articles

« La volonté des fondatrices de l’association est politique : lutter contre le sexisme dans le milieu de la santé, promouvoir des soins féministes, faire connaître les problématiques de harcèlement dans le soin (celles des patient·e·s, mais aussi des étudiant·e·s et professionnel·le·s de santé), analyser en groupe les discriminations, et y réagir collectivement par des actions concrètes – enseignements, ateliers à destination des professionnel·le·s ou des patient·e·s, brochures d’informations, articles et tribunes », explique le collectif dans un article paru dans la revue Nouvelles Questions féministes 4. Parmi les valeurs fortes de l’association : le sexisme est indissociable des autres formes de discriminations (racisme, validisme, classisme, âgisme etc.).

Si tou∙tes les professionnel∙les de santé sont bienvenu·es et peuvent adhérer à l’association, les médecins et internes en médecine y sont pour le moment davantage représenté∙es. Parmi les actions menées, la création et la diffusion d’outils à destination des professionnel∙les comme le « ViolentHospit’Omètre » ou d’une affiche à destination des cabinets de soignant∙es sur l’importance de laisser le choix de la position dans laquelle les patient∙es souhaitent être examiné∙es. Mais aussi des brochures à destination des patientes sur le déroulement de la consultation gynécologique ou les méthodes contraceptives, des ateliers de deux heures à destination des soignant∙es sur la « bientraitance en gynécologie », le « sexisme en santé » ou les « violences et harcèlement dans les milieux professionnels du soin ». Ou encore des rencontres, comme à Nantes lundi 4 mars dernier, avec le collectif local des Gonades sur le partage de la charge contraceptive dans les couples.

Rédaction : Clémence Leveau

  1. Publication du collectif Pour une M.E.U.F. réclamant « la prise en charge Sécurité sociale à 100% pour tou∙tes et la suppression du système assurantiel en santé », le mercredi 6 mars 2024 ↩︎
  2. Le collectif libre inclusif pour tou∙te∙s, le syndicat national des jeunes médecins généralistes, l’union nationale des étudiants en chirurgie dentaire, le syndicat des internes des hôpitaux de paris, l’intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale ↩︎
  3. Il s’agit d’un pseudo collectif ↩︎
  4. https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2023-1-page-188.htm  ↩︎