[L’inFameuse] Give me five

19 mai 2021
  • Partager cet article :

Publié le 19.05.21

 

40 % de cadres dirigeantes en 2030 dans les entreprises de plus de 1000 salariés, c’est l’objectif que se sont fixés les député·es en adoptant une proposition de loi en première instance, le mercredi 12 mai.

 

Ce texte, débattu dix ans après l’adoption de la loi Copé-Zimmermann qui a fait la démonstration que les quotas étaient efficaces dans les conseils d’administration (26% en 2013 43,6% en 2019), prévoit un tempo long avec un palier à 30 % en 2027 pour s’adapter à l’inertie naturelle des postes de directions (on ne va pas licencier des hommes pour les remplacer par des femmes). Pour les réfractaires, comme le Medef, qui douteraient de l’effet stimulant du texte et de la nécessité de moyens abrasifs pour diminuer l’épaisseur du plafond de verre (sanction = 1% de la masse salariale), on peut proposer une petite démonstration par l’exemple à partir des 5 plus grosses entreprises de la région des Pays de la Loire.

 

Les quatre plus grosses de ce top five – Lactalis, AS24, Terrena, les Chantiers de l’Atlantique – sont largement en dessous des statistiques nationales qui ne sont pourtant pas mirobolantes (22% de femmes dans les comités exécutifs en 2021).

 

Manitou fait figure de bon élève. D’abord, parce que le groupe d’Ancenis, « acteur mondial de la manutention, de l’élévation de personnes et du terrassement » est présidé par une femme – (Jacqueline Himworth – Braud – présidente du CA, héritière du fondateur) , mais surtout parce qu’elles sont 4 sur 12 au comité exécutif (33%). Le groupe est donc déjà dans les clous par rapport aux exigences de 2030. Les autres sont complètement dans les choux.

 

Lactalis, mastodonte de l’agro-alimentaire et leader mondial du lait (85 000 collaborateur·rices), dont le siège est en Mayenne, ne compte qu’une femme dans son codir (à la communication) et une à la tête d’une ses filiales (Lactel, 1000 salarié·es). C’est toujours plus que chez AS24, créée à St Herblain en 1988, désormais filiale du groupe Total, puisque le leader dans la distribution de carburants pour les professionnels en Europe n’en compte aucune. Tout comme Terrena, la coopérative agricole aux 14 000 salarié·es et près de 5 Mds de chiffre d’affaires dont l’organigramme atteste que l’agriculture, fut-elle « Nouvelle » comme s’en targue la base line, est toujours une affaire d’hommes. Enfin, aux Chantiers de l’Atlantique de St-Nazaire, c’est une femme qui dirige les ressources humaines, mais elle est l’exception du comité de direction qui s’évertue donc à « Penser l’avenir », mais entre hommes.

 

Voilà donc un top five des Pays de la Loire qui donne des arguments aux législateurs et raison à Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne, très favorable à la politique des quotas avec une formule imparable :  « Quand on légifère, on trouve des femmes. Quand on ne légifère pas, on trouve des excuses. ».

 

Rédaction Les Fameuses

 

crédit photo Shutterstock