En Pays de la Loire, le Planning familial et l’IREPS, l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé, s’associent pour prendre en charge Intim’agir, un centre ressource dédié à la vie intime, affective, sexuelle et au soutien à la parentalité des personnes en situation de handicap.

“Finalement, aujourd’hui, en France, on a le droit d’avoir une vie sexuelle quand on a entre 18 et 65 ans et qu’on n’a pas de handicap”, s’exclame Sandrine Mansour, coordinatrice de la fédération régionale du planning familial des Pays de la Loire. Derrière cette affirmation, volontairement caricaturale, Sandrine Mansour soulève le sujet du droit à la vie affective et sexuelle pour toutes et tous, notamment pour celles et ceux qui sont en situation de handicap. Un impensé de notre société que plusieurs professionnel·les du médico-social ont décidé de mettre sur la table.

Depuis le mois d’octobre 2023, un centre de ressources en ligne, coordonnée par le Planning familial et l’Instance régionale d’éducation et de promotion santé a été lancé : Intim’agir, un dispositif national décliné dans chaque région. “Intim’agir se place à disposition des personnes en situation de handicap mais aussi des aidant·es et des professionnel·les. On y cartographie toutes et tous les professionnel·les, les formations mais aussi les événements en lien avec notre problématique. Bref, c’est une plateforme d’information mais aussi de relai d’information”, explique Sandrine Mansour. 

“Consentement, contraception et IVG doivent être appréhendés”

La nécessité de faire bouger les lignes sur le sujet de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap est apparue en 2019, lors du Grenelle des violences conjugales. “80% des femmes en situation de handicap subissent des violences. L’alarme a donc sonné à ce moment-là. La vie affective et sexuelle et les violences sont malheureusement intimement liées. Pour réduire les violences, il faut intervenir en amont, faire de la prévention”, détaille Sandrine Mansour.

La professionnelle déplore le manque de considération pour la vie intime d’une partie de la population, qu’elles soient en situation de handicap ou âgée, une façon de les penser “asexuées”. Elle s’insurge contre des Ehpad dans lesquels les lits doubles n’existent pas, des familles qui portent plainte contre des établissements médico-sociaux car leur proche y a eu une relation sexuelle, ou contre des structures qui interdisent de se masturber plus de deux fois par semaine. “Les questions du consentement, de la contraception mais aussi celle de la parentalité doivent être prises en main. Il faut pouvoir mettre en place tout cela mais avec des outils spécifiques afin que chacun et chacune puisse avoir le droit à une vie affective et sexuelle de manière sécurisée.” 

Rédaction : Aurélie Lehéron