Pornic Agglo : deux logements d’urgence pour mettre à l’abri les victimes de violences

17 novembre 2021
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Publié le 17.11.21

 

Depuis mars 2021, les personnes victimes de violences intrafamiliales et violences conjugales peuvent trouver un refuge rapidement et gratuitement sur l’agglomération de Pornic.

 

« A la suite d’un diagnostic effectué sur Pornic Agglo Pays de Retz, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait pas mal de situations de violences intrafamiliales et violences conjugales enregistrées mais nous n’arrivions pas à recouper les chiffres de la préfecture, des travailleur·euses sociaux·les et ceux de la gendarmerie qui sont sous-évalués car très peu de personnes portent plainte. Nous avions également enregistré trois féminicides sur le territoire en peu de temps », introduit Stéphanie Hugron, coordinatrice du CISPD (conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance). Une situation qui s’est amplifiée avec le confinement. « Entre février et décembre 2020, nous avons recensé 58 situations. 82 enfants étaient co-victimes de ces faits de violence. Des chiffres qui ont fait réagir les élus », poursuit-elle. Et d’ajouter : « Il nous fallait gagner en efficacité pour répondre rapidement à une demande d’urgence et mettre à l’abri les victimes quel que soit leur sexe. »

 

Partant de ce constat, un protocole de mise à l’abri d’extrême urgence a été signé le 17 février 2021, co-piloté par Pornic Agglo, la délégation du Pays de Retz (CD44), Solidarité femmes Loire-Atlantique et l’association Trajet en partenariat avec les bailleurs sociaux Habitat 44 et CISCN résidences locations. Principale mesure de ce dispositif : la mise à disposition d’un premier logement en mars puis d’un second fin juin, dont la localisation est tenue secrète. Cette solution temporaire est proposée pour une période d’un mois renouvelable une fois. « Depuis la mise en place du protocole, nous avons réalisé 6 mises à l’abri. 4 ont concerné des femmes avec enfants, les 2 autres des personnes seules dont un homme isolé victime de violences conjugales », précise Ronan Dantec de l’association Trajet qui a en charge la gestion de ces deux logements.

 

Une culture commune sur le sujet

 

Preuve qu’il y a encore un travail de sensibilisation à faire auprès des acteurs du territoire (agents de la petite enfance, policiers municipaux, travailleurs sociaux, agents d’accueil, élus…), l’agglomération poursuit ses actions de formation sur les 15 communes du territoire. Objectif : « avoir une culture commune pour accueillir les victimes le plus correctement possible », indique Stéphanie Hugron. En partenariat avec l’association SOS Inceste & Violences Sexuelles, une demi-journée de sensibilisation portant sur les victimes de violences sexuelles est ainsi programmée le 30 novembre.

 

Début 2022, il est également prévu de réaliser un dépliant recensant les structures de proximité. Lequel sera diffusé via les commerces, centres de loisirs, espaces de santé… De quoi mieux accompagner et prendre en charge les victimes de violences intrafamiliales et violences conjugales.

 

 

Rédaction Florence FALVY

 

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Crédit photo : Stéphanie Hugron par Hadrien Brunner