[ Empowerment ] Accueillir et accompagner les personnes LGBTQIA+

27 mars 2022
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Publié le 29.03.22

 

Cette année, NOSIG (pour Nos orientations sexuelles et Identités de Genre – ndlr), le Centre LGBTQIA+ de Nantes fête ses 25 ans d’existence ! Depuis un quart de siècle – et de plus en plus – l’association dédiée aux personnes lesbiennes, gay, bi.e.s, trans, queer, intersexes, asexuels·es & + déploie ses activités d’accueil, de formation et de sensibilisation sur le territoire ligérien. Structure féministe militante, l’intersectionnalité n’y est pas un vain mot.

 

Forte de 200 adhérents·es, 70 bénévoles actifs·ves et 1 salarié-coordinateur, l’activité de NOSIG a gagné en sérénité et en inclusivité. Il faut dire que dans son fonctionnement comme dans les valeurs qu’elle prône, l’association a connu de nombreuses évolutions. Traditionnellement active – et visible grâce à la Pride – à Nantes, elle développe de plus en plus ses activités en milieux ruraux. Sa présidente, Violette Cordaro, aimerait également y renforcer l’inclusion, à destination notamment des personnes racisées, de même que le rôle des jeunes LGBTQIA+.

 

L’inclusion : plus qu’une valeur, un fondement

 

« La communauté LGBTQIA+ n’échappe pas aux discriminations : la transphobie, la panphobie, la biphobie, le racisme n’y sont pas si rares. Or, comment demander à la société d’évoluer quand nous ne sommes pas capables de respecter les membres de notre propre communauté, et ce sans exception ? » s’interroge la Présidente de NOSIG. « Au départ, NOSIG c’est surtout des G (gays), un peu L (lesbiennes) et quelques B (bi·es), mais depuis dix ans, on accueille beaucoup de T (trans) binaires et non-binaires. Ces dernier·es sont aujourd’hui la population la plus accueillis à Nosig » retrace Violette Cordaro, qui se félicite également de voir s’élargir les rangs des psycho-athypiques au sein de l’association : « 30% des autistes sont LGBTQIA+, explique-t-elle. Le point sur lequel on a encore des progrès à faire, c’est du côté de la représentation des personnes racisées. » 

 

L’inclusion, c’est aussi et enfin soutenir les initiatives jugées pertinentes : « une thèse dédiée aux mutilations des enfants intersexes à suivre, par exemple ; ou encore la création d’un groupe de parole composé d’adultes élevés·es par deux hommes / deux femmes… ».

 

Accueillir, accompagner et soutenir

 

De tous temps, NOSIG a eu pour mission d’accueillir et d’accompagner les personnes LGBTQIA+ et / ou leur entourage. Baptisés « conviviales », chacun·e peut trouver sa place au sein d’un des nombreux groupes de parole proposés : mixte (gays, lesbiens, bi, trans etc.) ou non, réservée aux femmes, aux transgenres, aux jeunes transgenres, aux bi·es et pans.

 

Contact44, Reboot, SOS homophobie, APGL (association pour les parents gay et lesbiens), AIDES, Gay randonneurs nantais GRN, David et Jonathan (association chrétienne gay), Les divines and the queen… De par son statut, NOSIG est au centre de la vie LGBT à Nantes et alentours. En témoigne la composition de son conseil d’administration, où siègent une bonne partie des structures travaillant dans le champ des luttes contre les discriminations de genre et liées à l’orientation sexuelle. Ainsi, elle a également pour mission d’orienter les personnes qui poussent sa porte, si une autre structure plus spécialisée peut prendre le relais, « par exemple, sur l’accueil des parents d’enfants LGBTQIA+, on renverra vers Contact44. »

 

Moins visible et pourtant tout aussi prégnant, l’accueil des réfugiés·es demandeurs·euses d’asile, celles et ceux qui ont dû quitter leur pays du fait de leur orientation sexuelle, mobilise de nombreuses ressources. « Cette partie de nos activités est tout sauf anecdotique : actuellement, nous suivons 300 personnes. Chaque année, nous comptabilisons environ 80 nouvelles arrivées. » précise Violette Cordaro.

 

NOSIG, c’est aussi former et informer

 

Une large partie des activités de NOSIG est basée sur la pédagogie. Les ateliers et les actions de sensibilisation en milieux scolaires et professionnels, sont inscrites dans l’ADN de l’association. Des formations ludiques et interactives, où les jeux (Quis suis-je ?, La marche des privilèges…) occupent une place importante, afin de favoriser l’échange et libérer la parole quand c’est nécessaire. Les besoins sont grands, l’activité de l’association s’en ressent : « il n’y a pas si longtemps, on faisait 4 à 5 interventions par mois. Désormais, c’est 4 à 5 par semaines ! ». Une hausse des demandes qui s’explique en partie, selon la Présidente du Centre LGBT de Nantes, par les périodes de confinement que nous avons traversées : « ces deux dernières années, comme dans beaucoup d’autres structures, une part non négligeable des activités de l’association a basculée en numérique. Ces supports inédits de formation et d’écoute ont touché un public nouveau, plus éloigné géographiquement. L’attente est forte en dehors de Nantes, dans des zones périphériques et rurales du département, où l’information autour de ces sujets est inexistante ou pas assez développée. »

 

Si l’éducation autour des différentes sexualités semble évident, le volet prévention et santé sexuelle est également très important. Récemment, la commission santé de Nosig a mis en place des rdv intitulés « Parler Q(ueer) », à La Plaisir, bar queer à Nantes. « L’objectif est d’inciter les participants·es à parler librement de leurs pratiques, y compris des sujets qui fâchent, tels que le chemsex*, qui fait de plus en plus de ravages, tous milieux confondus (gay, hétéro…). »

 

 

Rédaction Agathe Petit-Dupas

 

*Issu de la contraction des termes « chemicals » (« drogue », en anglais) et « sexe », le terme désigne une pratique consistant à consommer des psychotropes ou des drogues de synthèse pour intensifier et prolonger des rapports sexuels : crystal méthamphétamine, méphédrone, GHB, cathinones…

 

 

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