Stereolux, quand la culture passe à l’action sur l’égalité FH

20 février 2022
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Publié le 20.02.22

 

Depuis 2021, la SMAC (salle de musiques actuelles – ndlr) nantaise a mis au point un plan d’actions voué à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans sa programmation, mais aussi au sein de ses différents services. Présentation d’une initiative locale qui montre que la culture passe à l’action sur l’égalité FH.

 

Lutter contre les inégalités femmes-hommes, à échelle d’une structure est un long processus : « des actions se sont tenues depuis 2013, sans pour autant faire partie d’une démarche structurée (égalité salariale, campagne “ici c’est cool” pour prévenir des comportements sexistes, généralisation du comptage des artistes femmes, intégration de l’égalité FH au plan RSE…). Ce plan global est né du travail d’appui-conseil mené avec Maud Raffray, activatrice d’égalité FH, entre 2019 et 2021. Il a pour ambition d’être le plus transversal possible, pour interroger et améliorer tous les aspects de notre activité. » explique Eric Boistard, directeur de Stereolux.

Des ambitions structurées autour de 4 axes


1- L’organisation interne de la structure pour commencer, avec l’intégration de la notion d’égalité dans le plan RSO (responsabilité sociale des organisations – ndlr) et la mise en place, avec l’association Les Catherinettes, d’un programme de prévention des violences sexistes et sexuelles (pour les salarié·es, les intermittent·es, les équipes artistiques et le public) ;
2- Vient ensuite la programmation, « avec des objectifs chiffrés par secteur et par saison ».
3- Le troisième axe concerne la féminisation des métiers techniques, majoritairement exercés par des hommes.
4- Enfin, le dernier levier est la communication, que l’équipe souhaite « inclusive autant à l’écrit que dans le champ visuel et les choix éditoriaux, pour donner plus de visibilité aux femmes mais aussi aux questions sociétales liées à l’égalité femmes-hommes.»

 

Des résultats visibles dès 2024/2025

 

« Selon les disciplines artistiques, les activités, les situations sont différentes. Mais dans l’ensemble, en dehors des ateliers d’action culturelle et du jeune public, la parité n’est pas encore de mise pour les spectacles, expositions, ateliers, conférences etc. Nous avons aussi de fortes marges de progression pour les métiers techniques et la sensibilisation du public à ces questions. » admet volontiers Eric Boistard. Aussi, des objectifs chiffrés ont été définis, qui suivent les orientations du Ministère de la Culture. Si certaines activités seront paritaires d’ici 2024-2025, pour d’autres, cela demandera un peu plus de temps : « en arts numériques, nous devons faire passer le pourcentage d’artistes femmes exposantes de 5 à 30 % et avoir 50 % des œuvres intégrant la participation d’une femme ; pour les musiques actuelles, les projets féminins doivent progresser de 26 à 33% et les projets mixtes (femme-homme) de 5 à 17 %. »

 

En 2019, le rapport de la FEDELIMA (Fédération des lieux de musiques actuelles) faisait état, de 17,4% de musiciennes sur scène, 25,3% de leadeuses tout groupe confondu et 10,9 % de techniciennes. « Malgré la parité de notre secteur (42,3% de salariées), il révélait aussi de fortes disparités avec des emplois très genrés et seulement 33% directrices ou co-directrices, 36% de cadres ou encore 38% de femmes dans les instances de gouvernance », souligne Yeliz Ozen, coordinatrice RSE. « La route sera longue, mais nous prenons notre part dans cette œuvre. »

 

Rédaction Agathe Petit-Dupas

 

 

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